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 Second Cadavre Exquis

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GDS
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MessageSujet: Second Cadavre Exquis   Dim 28 Fév - 21:23



   


Allez ! À l'aventure pour le second cadavre !   tongue
Celui-ci sera dédié à plusieurs thèmes, à vous de les adapter les uns avec les autres :


Espace temporel : Futur post-apocalyptique
Planète : Semblable à la faune terrestre
Espèces autres que les humains : Nains, Elfes... Bref ! Le bestiaire fantasy.


P.S. : Veuillez limiter le nombre de dragons s'il vous plait, les légistes peinent à reconnaitre les corps des nains écrasés par leurs grosses pattes. Merci pour eux !

Que dire d'autre ?
Ah oui : au travail !




Afin de ne pas gêner l'écriture des auteurs entre les différents posts, merci de donner vos avis et commentaires, sur ce second cadavre en cliquant ici

Quant aux têtes en l'air, voici un rappel sur les bases du Cadavre Exquis






Dernière édition par GDS le Ven 1 Avr - 1:40, édité 2 fois (Raison : Truc de Modo ! ^_^)
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Jeu 3 Mar - 19:59

An 2123, un enchaînement de catastrophe naturel et technologique a modifié le monde entier. La nature a repris ses droits et l'Homme n'occupe plus le haut de la chaîne alimentaire. Des mutations sont apparues, rendant réel les elfes et nains, et bien d'autre espèce présentent jusqu'à maintenant que dans les légendes et contes.

Immobile sur une branche, il contemple la colonie installé plus bas dans la vallée. Il en a déjà vu et s'en tient éloigné. Si certaine espère juste à survivre, d'autres sont belliqueuse et cherchent pouvoir et richesse, deux chose maintenant inutile. Il a voyagé loin et longtemps et, en absence de souvenir après un violent choc à la tête, il ne sait qui il est, d'où vient-il, et même son âge. Cependant, à l'instar de bien des gens, il possède une mutation, chose apparaissant de plus en plus à travers le temps. Lui, il ne peut mourir, ses cellules se réparent presque instantanément après une déchirure ou une blessure. Ainsi, il vit sans but erre dans cette terre ravagé et remplis d'animaux jusqu'à maintenant insignifiant et inoffensifs.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Ven 4 Mar - 0:03

Devrait-il se trouver un but dans la vie ? Il ignore quel en serait l’utilité. Pourquoi faudrait-il qu’il en ait un d’ailleurs ? La vie elle-même n’en a plus pour l’être qu’il est devenu.
Son nom est Jonathan, c’est du moins le nom qu’il a choisi de porter pour le moment. Sans doute son patronyme aura changé d’ici quelques semaines, mais en attendant celui-ci lui convient. Qui sait ? Peut-être a-t-il connu un Jonathan dans son ancienne vie et qu’utiliser ce nom lui débloquera quelques souvenirs. C’est à chaque fois ce qui l’encourage à essayer un nouveau prénom.
Le jeune homme qui doit physiquement, difficilement atteindre les vingt ans, n’est pas très loquace et pour cause, personne ne l’accompagne. Il ne souhaite pas la compagnie des autres, du moins s’en persuade-t-il pour justifier la solitude de sa vie ; mais dans ce cas à quoi bon s’évertuer à se nommer sans cesse, si ce n’est pour un jour se présenter à quelqu’un ?
Dans le monde actuel, il est rare qu’un humain s’intéresse à un autre humain ne faisant pas partie de sa communauté. Plus encore lorsqu’il s’agit d’une colonie. Ces petites communautés étant toujours la cible des pirates nomades ou bien des troupes soldats envoyées par les grandes villes afin de soi-disant les protéger, elles préfèrent limiter les contacts avec le monde extérieur, tout en restant très prudentes face à l’étranger.
Ces communautés recevant souvent la visite de militaires chargés de répertorier les anomalies génétiques et les mutations potentiellement dangereuses, elles refusent d’accueillir de nouveaux humains porteurs d’un gène ayant muté, plus encore les créatures, car elles savent que prendre un tel risque menacerait toute leur communauté, voir la condamnerait. Seuls sont acceptés les humains de souche pure.
Jonathan sachant cela, soupire à l’idée de mettre autant de monde en danger par le simple fait d’y aller, de mentir sur sa mutation, et de demander quelques vivres pour continuer sa route. Mais hélas, le choix ne lui est pas permis car son sac de victuailles s’amenuise et la prochaine cité colonisée se trouve à cinq ou six jours de marche. De plus, le temps lui est compté puisque dans quelques heures la colonie fermera ses portes pour une semaine afin de procéder aux cérémonies trimestrielles et les soldats rentreront leurs troupes. Il devrait agir vite pour ne pas risquer d’être enfermé dans l’enceinte de la cité tout en réunissant suffisamment d’affaires pour échapper aux rites cérémoniels des créatures. Créatures qui devaient arrivées sous peu pour identifier certains des mutés au cours de leur incantation.
Des rites étant prévus pour demain soir dans tout le pays, il allait être difficile pour Jonathan de s'approvisionner et de fuir rapidement les lieux afin de trouver un endroit hors des radars psychique des créatures. Confiant, il avait réussit une fois cet exploit et pensait qui lui suffirait de le refaire.
Sentant la crampe lui venir et voyant le soleil décliné en ce début d’après-midi, Jonathan décide de se repositionner sur sa branche avant d’amorcer sa descente, lorsqu’un bruit derrière lui le fige dans son action.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Sam 5 Mar - 14:26

Alors qu'il commençait à tourner la tête, une entaille barra sa joue avant de disparaître rapidement. Une seconde barra son bras suivit rapidement à la jambe. Deux, peut être trois animaux l'attaquent, des mutés. A la fois invisible et dangereux, et si proche de la colonie. Si ces animaux s'y attaquent, le sang coulera et personne ne pourra réagir dans la panique.
En soupirant, il dégaine un sabre attaché dans son dos et dans l'autre serre une sphère. Il n'allait pas sortir son arme à feu, trop de bruit et surtout il veut économiser ses balles. Cette sphère, acquise il y a longtemps, est inoffensive pour les humains, mais très efficace contre tous les animaux possédant des oreilles sensibles, émet des sons strident qui perturbe les mutations, révélant alors leurs position.
Des gémissement retentissent et voit alors deux belettes au plumage roux agonisant par terre. Rapidement, il s'approche et les tua. Il ne prends aucun plaisir à ça, il s'agit purement de la loi du plus fort. La seul loi immuable en ce monde.
Il nettoya rapidement son arme, ramassa la sphère et se dirigea vers la colonie, l'heure est venu
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Dim 6 Mar - 1:23

Le jeune homme décide de laisser derrière lui les corps des deux belettes agressives en ne prenant pas le temps de les dépecer. Leurs chairs étant particulièrement indigestes pour les hommes, il sait qu’il ne perd rien et qu’elles nourriront certainement un prédateur au palais moins délicat que le sien.
Parcourir la vallée ne lui prend pas trop de temps et la détente souple de son pas l’amène rapidement à la porte de l’enceinte. À la double porte de métal noir ciselé se trouvent deux gardes en faction devant lesquels quelques personnes s’accumulent pour franchir la porte les uns après les autres, après que leurs paquetages aient été vérifiés. La plupart sont richement vêtus et parlent avec volumes sans que cela les gênent d’être écoutés, tant ils semblent enthousiastes de participer aux festivités. Jonathan ne prête pas plus attention que cela à leurs effusions de joie et avance d’un pas résolu. Toutefois, alors qu’il s’éloigne des bavards, une partie de la discussion entre deux hommes lui fait tendre l’oreille :
— Seront-ils tous les débusquer cette fois ?
— Absolument ! Il est certain que cette fois aucun mutés n’échappera à la vigilance des cérémonieux. J’ai cru comprendre que leurs sortilèges étaient plus puissants que… Hé, ne poussez pas voyons !
Jonathan grogne de dépit lorsque l’homme s’interrompt à cause d’une bousculade provoquée par une silhouette encapuchonnée vivement pressée d’arriver aux portes de l’enceinte. Il ne sait pas si c’est parce que la suite l’intéressait ou si parce que le sujet lui pèse, ou encore si il est soulagé que le timbre de voix aiguë cet homme ne lui agresse plus les oreilles. Incapable de connaitre la raison de sa frustration il lance un regard noir à la silhouette encapuchonnée qui, en bousculant les deux hommes, l’a aussi violement cogné et poussé à ce questionnement intérieur sans intérêt.
Celle-ci se dirige promptement vers la double porte sans se retourner sur l’homme offusqué qui ne cesse de l’interpeller vivement pour qu’elle revienne s’excuser. Jonathan remarque l’ahurissant énervement grandissant de cet homme et le voit palper frénétiquement ses poches, comme si il y cherchait quelque chose. D’instinct le jeune homme se retourne vers la silhouette que tout le monde oublie de regarder tant l’esclandre de l’homme est devenu un spectacle de rue. Ce faisant, il voit l’un des gardes se pencher vers la silhouette, accepter un objet sous la cape, l’examiner, puis hocher la tête d’un air entendu avant d’ordonner à plusieurs de ses collègues d’intervenir pour calmer l’homme vindicatif.
Peu après l’homme devenu agressif est rapidement encerclé par une escouade de gardes qui en voulant vérifier son identité ainsi que le contenu de son sac lui trouve quelques griefs lorsqu’il refuse de coopérer. Celui-ci se débat lorsqu’on veut l’éloigner de l’enceinte et provoque, avec quelques-uns des hommes qui l’accompagnent, un tumulte dans la foule. Des gardes viennent alors en renforts.
Jonathan ainsi que quelques personnes sont rapidement mises à l’abri lorsqu’une bagarre éclate et que le sang commence à couler. Tout cela lui semble invraisemblable et des cris de panique poussent la sécurité à réagir avec rapidité. Les sacs des personnes apeurées sont arrachés et jetés au sol pour pouvoir être fouillés plus tard, mais en attendant tous parviennent à franchir la porte désormais entrouverte et à se retrouver en sécurité au sein de l’enceinte.
Lorsqu’un garde s’éloigne de lui après un hochement de tête, Jonathan soupir discrètement, heureux d’avoir pu garder son sac vide sans qu’on ne lui confisque. Ce n’est pas tant qu’il tient à celui-ci, mais que les plis du tissu qui le compose lui servent à dissimuler son arme toujours cachée dans son dos.
Se détournant, il est soudain ébloui par la profusion et son jugement se doit d’être revu à la hausse : cette colonie est plus grande et plus développée que ce qu’elle semblait être en apparence.
Curieux, il va pour explorer davantage ce nouveau territoire lorsqu’une hallebarde est brandie au milieu de son chemin.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Mer 9 Mar - 19:44

Après avoir d'instinct fait un pas en arrière, il se mit en position de combat tout en découvrant l'halebardier. Aussi étonnant que cela puisse etre, et comble de l'ironie d'après lui, cétait un muté grand de deux mètre cinquante avec des muscles défiant toute concurrence. Il rigolait toujours en voyant que "certaines" mutations étaient considérés comme utile par des personnes de pouvoir.
Il ne doutait pas une seconde que, par inadvertance, il était rentré dans une zone privée et, hautement sécurisée. L'homme n'avait ni bougé ni parlé pendant que Jonathan l'observait, signe qui montré qu'il avait observé la scène et que seul son devoir l'avait obligé à abaisser son arme. Jonathan s'excusa brièvement et repartis vers les entrepôts de nourriture, sa destination première. Il savait qu'il serait détecté comme muté s'il allaient maintenant se faire contrôle, il fallait attendre une heure ou deux après la tombé du jour, quand les premiers hommes sont bourré. C'était toujours à ces moments la que les mutés devenaient hors de contrôle après avoir été découvert, et ainsi là ou les chose devenaient totalement incontrôlable.

Ses vivre rapidement acheté ainsi que du matériel divers acquis, il s'installa dans un bar, attendant patiemment son heure tout en écoutant les ragots des ivrognes.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Ven 11 Mar - 0:04

— Vont-ils jamais finir par être bourrés, chuchota pour lui-même Jonathan.
— C’est donc cela que tu attends avec tant d’impatience.
Surpris le jeune homme se retourna pour se retrouver face à un mur, la main sur la garde de son épée. Il avait veillé à occuper la table en fond de salle afin de surveiller les allées et les venues, jamais on aurait du pouvoir le surprendre. D’où venait donc cette voix de femme alors ?
— J’aurais pourtant juré…
— Derrière-toi.
À nouveau, Jonathan fit volte-face et retrouva assis en face de lui la même silhouette encapuchonnée qui lui avait, indirectement, permit d’entrer dans la cité sans être contrôlé. Sur ses gardes, il relâcha néanmoins son pommeau d’épée et tâcha de se reprendre une constance.
— Je ne vous ai pas autorisé à vous asseoir à ma table, dit hardiment le jeune homme en redressant la tête bien qu’il sache qu’il était cuit.
— Oh ! Quel beau vocabulaire ! Autrefois lorsque quelqu’un te rejoignait à table tu lui disais directement de dégager le plancher, enfin, de manière moins poli si j’en crois mes souvenirs. Ravie de voir que tu as su gagner en retenu et en bonnes maniè…
— Bordel, t’es qui ?! Coupa presque violement Jonathan sans pour autant hausser la voix.
— …bien qu’il t’en manque encore, fini dépitée son interlocutrice en relâchant un soupir.
Jonathan tenta de discerner les traits de la femme qui lui faisait face sans pour autant parvenir à voir sous l’ombre de sa capuche et sous les tissus qui recouvraient son cou et la partie inférieure de son visage. Sa voix claire, bien qu’atténuée par son épaisse écharpe, ne permettait aucune erreur : il s’agissait bel et bien d’une femme. Mais Jonathan pu déterminer qu’elle devait être jeune, peut-être même plus que lui si sa voix fluette et sa taille constituait un indice. Il se dit que s’il se levait pour lui faire face, il devrait aisément la dépasser d’une tête, voire d’une tête et demie. En fait de « femme », il devait la considérer comme « fille ».
Mais son âge n’avait pas de réelle importance à ce moment-là, ni le fait qu’elle l’ai entendu vociférer à propos des gardes à vrai dire. Non, tout ce qui intéressait Jonathan pour l’instant c’était que, de toute évidence, elle le reconnaissait.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Ven 11 Mar - 18:03

Il avait beau fouiller sa mémoire de fnd en comble, se rappeler de ses renconrte courtes ou longues, il ne s'en rappeler pas. Deux émotions le frappèrent en même temps, la peur, car si cette personne le connait, il y a de grandes chances que ma mutation soit connue d'elle. La seconde fut la joie, car il essaye d'éviter de rester au même endroits longtemps, et surtout de se lier avec des gens, car ils finissent par partir, alors que lui il reste, seul et oublié. Alors, comme cette personne se rappele de lui, il est heureux, car on se souvient de lui.

La jeune femme, accoudé sur la table, le regarde d'un air amusé. Il le lit dans ses yeux, elle doit rire alors qu'il souffre à cause d'elle. Il l'a connait pas mais il le voit, c'est une sadique ! et une voix lui murmure que c'est loin d'être terminé. Décidant d'en finir, il souffle un bon coup, redresse la tête et commande deux bière au serveur, histoire de l'aider pendant que la "sadique" va parler.

- Bon, recommençons, qui es tu et comment tu sait qui je suis.
- alalala ? Tu te souvient vraiment pas de moi ? Pas très gentil gentil tout ça fit-elle en se donnant un air vexée.
- Je serai gentil quand je ne penserai plus à toi avec marqué sadique au dessus de la tête.
- QUI QU'T'APPELLE SADIQUE VIEUX SCHNOCK ?!!!! Fit-elle en se levant d'un bond.
- Vieux schnock ? pas gentil gentil tout ça répondit Jonathan avec un sourire carnassier.
- Je....je...je...
- Je ? continua t'il, décider de la finir.
- Elise marmonna la jeune femme.
- Pardon ?
- ELISE !!! cria t'elle.

Et d'un coup, le déclic se fit. IL revit la petite fille, agée de cinq ans peut-etre habitant avec sa mère et son grand père dans une cabane isolé au creux d'une montagne. Rapidement, tout lui revient en tête, car c'est à ce moment que le vieil homme à forger son sabre, dans le métal de la météorite. Celle la même qui à déclenché les mutations des hommes et du monde.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Dim 13 Mar - 3:41

— Élise... murmure à présent Jonathan.
— Oui, bravo ! Tu sais le dire. Essayons un autre mot pour voir ?
— Qu'est ce que...
— Mouais, pas concluant, note t-elle en se grattant distraitement la tête.
Alors que Jonathan reste le regard perdu dans le vide et que Élise commence à faire des mouvements de mains devant ses yeux, le serveur apporte deux pintes de bière. Il pose celle de Jonathan devant lui sans tenir compte de son absence de réaction et se met à hésiter devant la silhouette menue et gracile toujours capuchonnée. Élise prenant pitié pour le serveur, décide de lâcher Jonathan du regard et lève la tête vers le jeune homme indécis.
— C'est bon, ramène-là Jonas. Pas d'alcool aujourd'hui, tu n'auras donc pas à me couvrir auprès du Capitaine s'il te cuisine.
L'adolescent tenant toujours la pinte destinée à Élise soupire de soulagement et propose un verre d'eau à la place de la bière. Elle refuse poliment et il hoche la tête en direction de la jeune fille avant de partir vers le bar. Le pauvre il est constamment entre le feu et la glace lorsqu'elle enfreint le règlement, surtout lorsque cela déplait personnellement au Capitaine. Peut-être serait-il temps de choisir un autre bouc-émissaire, se demande-t-elle un instant avant d'être interrompue dans ses pensées.
— Qui est ce Capitaine ?
— Ah tiens ! Il est réveillé ! S'exclame-t-elle dans une fausse joie.
— Ouais. Alors c'est qui ?
— Mon père, répond sans hésitation la jeune fille.
— Mais je croyais que tu n'avais que ta mère et ton grand-père..., commence Jonathan avant d'être a son tour interrompu.
— Ils sont tous les deux morts quelques années après la chute des météores dans notre ville. Tu étais déjà partis depuis des mois, normal que tu ne le sache pas. Le Capitaine m'a simplement recueilli lorsque notre ville a été évacuée.
— Je suis désolé...
— Ne le sois pas. Je comprends l'idée de compassion mais tu n'étais que de passage pour quelques semaines dans notre ville, alors ne te formalise par avec de belles paroles. Il n'y a aucune raison pour que tu te sois sentis proche d'eux : tu cherchais un forgeron, tu l'as trouvé et tu as eu ce que tu voulais si j'en juge par ce que tu caches dans ton dos, puis tu es parti. Fin de l'histoire. De tout façon, pas la peine de s'attarder sur les morts, les vivants on besoin de plus d'attention.
Surpris par ces paroles, Jonathan relève la tête de la pinte de bière qu'il avait commencer à fixer de manière inconsciente. Dans le regard de la jeune Élise, il ne lit aucunes souffrances, aucuns regrets. Juste de l’indifférence.
— Tu as grandi.
Il ne sais pas si ce qu'il dit est un compliment ou une simple constatation qui le peine. Il est courant dans son monde que les enfants s’endurcissent pour faire face à la mort et à la peine, mais ce qu'il voit chez Élise lui provoque un frisson désagréable.
— C'est ce qu'il se passe lorsque le temps fait son effet. Mais ce n'est pas pour autant que l'on me laisse boire de l'alcool à volonté.
Jonathan grimace. A-t-il réellement commandé une bière pour cette gamine ?
— Ça te fait quel âge maintenant ?, demande Jonathan en voulant fuir ses responsabilités.
— Fait le calcul, vieux schnock.
— J'en sais rien. répondit-il sans remarquer la remarque.
Au début il aurait pu dire quatorze ou quinze, voire plus vu son attitude. Mais à présent que le souvenir de la fillette lui revenait... Elle était indéniablement mature pour son âge. Du moins lorsqu'elle ne lui balançait pas du "vieux scnock" à la figure.
— Onze ou douze ans ? Tenta-t-il alors qu'elle ne répondait pas.
— Les maths ce n'est pas ton fort ! railla amèrement Élise.
— Je ne me souviens que vite fait d'une gamine de cinq ans et de sa mère, tandis que j'allais rendre visite à son grand-père forgeron ! Ne m'en demande pas trop, j'ai des problèmes de mémoire, laissa-t-il filer.
Jonathan s'énervait face à cette fillette au regard stoïque. Sa manière d'agir le déstabilisait complétement et il ne pouvait faire autrement que se protéger en haussant la voix, quitte à se faire remarquer par l'adolescent serveur qui hésitait à venir lui demander de ce calmer pour préserver Élise de son couroux.
Indifférente au malaise que Jonathan instaure dans le bar alors qu'il hausse le volume en évoquant ses souvenirs tout en lui lançant un regard noir, Élise se lève et réajuste sa cape, prête à partir.
Jonathan voyant qu'elle s’apprête à quitter les lieux, décide de l'interpeler pour qu'elle reste, quitte à ce qu'il s'excuse pour cela, mais elle lui coupe occasion et le pétrifie de ses paroles :
— T'es-tu jamais demander depuis combien de siècles cette épée ne te quitte plus ?
Après ce dernier échange, le jeune homme cligne des yeux d'incompréhension une seconde et cela est suffisant pour que la silhouette encapuchonnée ait disparue de sa vue. Le serveur ne regarde plus en direction de sa table et s'occupe de nettoyer le bar, les autres clients l'ignorent et lui, il fouille frénétiquement la salle de son regard à la recherche de cette ombre du passé qui vient de s'évanouir.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Dim 20 Mar - 21:50

"T'es-tu jamais demander depuis combien de siècles cette épée ne te quitte plus ?"

Alors qu'il est accoudé sur un pont, il ne cesse d'entendre cette phrase raisonner dans son esprit. Elle serait comme lui ? Non, impossible, cela ne se peut. Il erre depuis longtemps, plus que la mémoire humaine ne peut contenir. Lui qui a vécu dans l'ancien monde, lui qui se rappelle encore du degrés de connaissance que l'homme avait amassé, alors qu'il était au sommet et que rien n'effrayait. Depuis, il a redécouvert la peur et la ruse, la survie et la chasse, redevenir prédateur et non proie. Il avait découvert les mutations avant le reste du monde, et avait constater la variété de ces derniers. Performance amélioré, pouvoir psychique, morphologie partielle d'animaux et tant d'autres. Encore aujourd'hui, jusqu'à voir Elise, il aurait nié la possibilité qu'il existe une personne comme lui.

Avec le physique d'un jeune de vingt ans, il avait eu du mal à se faire entendre et respecter, il ne peut imaginer ce qu'elle a du subir, elle, une jeune femme, qui a du découvrir son incapacité à mourir au milieu de la mort de sa famille; et qui devait avoir quinze ans à peut près. En y pensant, à chaque fois qu'il pensait à sa vie, il y a quelque chose qui revenait sans cesse, il ne souhaitait cette vie à personne. Il est triste pour elle, car plus le temps passe, plus les sentiments que l'on peut éprouver disparaissent. Amour, joie, peur, plaisir, vivre. Toutes ces petites choses que l'on trouve magique le temps d'une vie, devienne poussière.

- Pourquoi cette tête ? Fit une voie de femme près de lui.

Sursautant, Jonathan regarde autour de lui, il n'a vue personne passé et encore moins s’arrêter.

- En bas, entendit-il encore une fois.

Se baissant, il l'à voie appuyé sur le pont, à un pas de la rivière. Elise, il ne sait depuis quand elle est la. Et pourtant, à la voir s'étirer et le rejoindre, il se dit que cela doit faire un moment. Maintenant qu'il la regarde, il aperçoit une rapière accrocher à sa hanche droite, ainsi que deux couteaux de lancer de l'autre coté. Une vrai chasseuse se dit-il en rigolant intérieurement.

- J'espère que tu pensais à moi, fit-elle en s'accoudant à ses coté, tout en lui jetant un regard moqueur.
- A qui d'autre pourrais-je bien penser ?
- En effet, il est rare de revoir des visages familier, que ce soit toi ou moi, imagine un peu la joie que cela m'a fait de te voir à l'entrée répondit-elle avec un petit rire.

Il ne répondit pas, tout deux perdu dans leurs pensées, elle avait raison, lui aussi, la surprise passé, il avait été heureux de voir quelqu'un le reconnaître.

- Alors, depuis qu'on combien de siècles ? Lança t-il.
- A peut de chose près ça doit bientôt en faire cinq.
- Le temps passe vite, tu as beaucoup grandis depuis que je vous ait quitté.
- Et toi tu n'a pas changé, moi je vieillie, je pense que mon corps prend un an par siècle.
- Ainsi tu mourras un jour, cela est étrange, mais je suis content pour toi. Dit-il en la regardant dans les yeux.
- Et toi tu continuera seul, à errer sans but, comme en ce moment, sans vieillir ni changer.
- En effet, fut les seul mots qu'il trouva à dire.

Au loin une cloche sonna, des cris leurs parvinrent, ainsi que le bruit d'un combat qui commence. Alors que le soleil disparaît à l'horizon, le ciel étoilé s'éclaire d'un rouge immense et dangereux.

Le village est attaqué.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Lun 21 Mar - 3:53

Je préviens : c'est un long post. Oui, bah j'étais en manque quoi !
La faute au Livre Paris 2016 et leur élan littéraire !  Razz
Quoi d'autre... Ah oui, je n'ai pas fait de relecture, na ! Parce que j'ai écris d'une traite. Wink 




Bien qu'il constate cet état de fait, Jonathan ne peut prendre part au combat juste pour se défouler comme il le ferait dans une autre situation. Son cœur palpite à chaque tonalité de cloche tandis que sa main le démange de saisir son arme, sans pour autant qu'il ne puisse s'y résoudre.
— Alors ? Vas-tu profiter de ce conflit pour quitter la ville comme tu es venu, ou bien continuer de jouer les sociologues insensibles et laisser les autres vivres autour de toi ?
Surpris de cette tournure de phrase, Jonathan regarde Élise dans les yeux et revoit son jugement. Non, au premier abord elle semble indifférente mais n'est définitivement pas comme lui. Lui a arrêté de se fier à ce qu'il ressent, elle, s’appuie dessus. C'est ce que l'éclat de ses yeux lui révèle le temps d'un instant, avant de se voiler pour à nouveau lui cacher sa part d'humanité.
— Jamais entendue parler de l'instinct de survie ? ironise-t-il.
— Je vieillis parce que je vis, Jonathan. Je laisse le temps avoir une emprise sur moi parce que je n'ai pas le même but que toi.
— Et quel est ce but ?
— Je croyais que tu l'avais compris après tout ce temps : mourir.
La réponse donnée est dit avec placidité. Il ne s'agit pas de défaitisme ou de fatalisme, mais d'une réponse laconique, brève et honnête.
— Mourir ? Pourquoi ?
— Encore cette question ? N'est-ce pas le but de la vie ? Lorsque tu pensais que ta vie aurais une fin, ne la vivais-tu pas pleinement ?
Jonathan ne sais pas quoi répondre et c'est Élise qui le fait pour lui.
— Cette discussion ne mènera à rien de toute façon. Tu n'avais pas de but à ta vie il y a cinq siècles et tu n'en auras pas non plus dans cinq autres. Tu sais, je ne dis pas que je veux mourir tout de suite, juste qu'à la fin, je ne veux pas avoir de regrets sur ce que j'aurais fait, ou pas. J'aurais aimé que tu n'en ai pas non plus.
— Je ne comprends pas.
— Je sais, soupire Élise devant les sourcils froncés de Jonathan.
— Non, pas ton but. Enfin si, j'ai un peu de mal à comprendre ton point de vue mais, comment ça : je n'avais pas de but il y a cinq siècles ? Je suis né il y a cinq siècles !
Jonathan semble sincèrement perdu lorsqu'il s'exprime et Élise retient sa moquerie devant son air éprouvé. Après une seconde elle écarquille les yeux en comprenant la situation.
— Quel âge penses-tu avoir ?
— Comment ça quel âge ? répond Jonathan avec un soupçon de véhémence envers l’affabilité manifeste de son interlocutrice face à sa déconvenue.
— Qu'en est-il de tes souvenirs antéri... ? commence à demander Élise lorsque d'énormes bruits d'impacts l'obligent à s'interrompre avant de se tourner vers leur source.
— Quoi mes souvenirs ?! cri Jonathan au dessus des bruits de canon résonants jusqu'à eux depuis le centre de la colonie.
Faisant volte face, Élise à le regard inquiet et choisi de couper court à cette discussion pour se rendre au plus vite sur le champ de bataille.
— Écoute, je n'ai pas le temps de tout t'expliquer et franchement je n'en ai pas envie. Mais je sais aussi que si je ne te dis rien tu vas me coller aux basques.
— Exact !
— La ferme et écoute. Je sais que tu crois que nous sommes semblables, mais c'est faux. Je grandis et vis comme le fait chaque muté parce que j'ai choisi de vivre une des vies qui s'offraient à moi. Toi tu stagnes, cela fait trois cycles que tu refuses de choisir ta classe d'existence !
— Ma classe d'existence ?
— Oui ! Tu dois choisir quel type de créature de la nature tu veux être ! À chaque fois que tu refuses de prendre une décision, tu limites ton immortalité !
— Comment ça ?
— Bon sang, j'ai pas le temps pour ça ! soupire-t-elle de frustration. Si tu tardes trop ils vont fermer les portes de la colonie face aux assaillants.
— Suffira que je plonge dans le fleuve qui passe sous ce pont pour quitter les lieux.
— Ah oui ? Tu passeras entre les barreaux fixés au mur d'enceinte et qui laisse passer le courant ?
— Dans ce cas fini vite ton explication que je me barre vite d'ici.
— Bien, lâcha-t-elle froidement.  Chaque nouveau cycle te fait perdre tout souvenir de ta précédente vie. Arriver à la fin du dernier cycle sans jamais choisir, c'est devenir une âme errante, littéralement. En tout, nous avons un cycle par classe de créature : lumière, ombre, nature, énergie et mort. Ils sont plus ou moins long selon la manière dont tu as été infecté. Et si tu n'avais pas fuit les cérémonies trimestrielles tu serais déjà au courant de tout cela, je ne perdrais pas mon temps avec toi et il ne serait pas trop tard !
— Trop tard pour quoi ?
— Trop tard pour que tu ais le choix sur ton devenir.
— Quoi ? J'en suis à mon dernier cycle c'est ça ?
— Non pas encore.
— Alors tout va bien ! Je peux encore choisir !
— Non.
— Mais explique-moi alors ! Comment suis-je devenu un muté et comment cela peut-il déterminer la durée d'un cycle ? Il y a une cérémonie prévue d'ici quelques jours, je pourrais m'y rendre et...
— Tu n'es qu'un imbécile ! Ta mère était enceinte lors de de ces événements catastrophiques qui ont ébranlés la planète ! On ignore pourquoi, mais tu es né muté ! Ce qui fait que ton nombre de cycle est illimité ! Les cérémonies permettent aujourd'hui de trouver les nouveaux mutés, mais à l'origine elles n'ont qu'un seul but : te trouver ! Et toi tu viens directement te jeter dans la gueule du loup !
Jonathan est ébranlé mais reste stoïque en attendant la suite des explications, tandis que les combats au loin semblent gagner en intensité. Des volutes de fumée noire partent de quelques battisses en feu et le vent soufflant vers eux, le jeune homme s’attend à en sentir le fumet morbide d'une seconde à l'autre. Lorsqu'il prend une profonde inspiration pour ne pas céder à la panique et qu'aucune odeur ne lui arrive aux narines il va pour s'interroger, mais Élise reprends et le coupe dans sa réflexion :
— Que tu n’ai aucun souvenir du passé ne veut pas dire que personne ne se souviens de toi. Tu n'es pas le seul à être né avec le gène muté, mais tu es le seul à avoir survécu à sept cycles entier et d'ici quelques jours, cela te fera huit. Les autres nés comme toi sont mort au bout du cinquième cycle. Et pour être honnête, sachant cela, je ne pensais pas te revoir un jour.
— Rien ne dit que mes cycles de vie sont illimités.
— Tout le laisse à penser cependant. Depuis ton premier cycle tu n'as pas semblé t'affaiblir et quelques bribes de souvenirs te restaient parfois, contrairement aux autres qui sont décédés. De plus tu aurais selon certaines sources, un pouvoir régénérant qui est pourtant propre à certaines classes de mutés.
— Sources ?
— Tu as un potentiel incroyable et beaucoup te recherche pour que tu utilises tout ton potentiel au service des mutés. Tout serait pourtant si simple si tu me disais quel est ton choix ! s'énerve tout d'un coup Élise. Si je te dis que c'est trop tard, c'est parce qu'en refusant de prendre une décision, d'autre on choisi pour toi. La plupart craignent qu'arriver à ton huitième cycle tu commences à dépérir et refuses de voir cela. D'autres ne cherchent qu'à te tuer tant ils ont peur de ce que tu peux devenir. Certaines âmes errantes étant très dangereuses à maitriser, tu pourrais devenir l'une d'entre elles et semer la mort sur ton passage, engendrant une guerre entre humains et mutés. Tu as réussis à échapper à notre contrôle lors de tes trois derniers cycles et ce, sans évoluer en choisissant une classe, mais aujourd'hui c'est différent.
— Quoi ? Pourquoi ? Parce que si je te crois sur parole, je vais perdre la mémoire d'ici quelques jours et recommencer un cycle ? Que parce que j'aurais tout oublié de cette conversation ils... Attends ! Tu as dis "notre" ? remarqua la jeune homme en reculant sur le pont, au point de cogner ses reins à la rambarde.
— Je suis désolée Jonathan.
— Tu... Tu attends que je perde la mémoire pour pouvoir m'affluencer et m'obliger à vous aider ? Tu essayes de gagner du temps pour que je ne quitte pas la ville, c'est ça ?
— Je ne gagne pas de temps, c'est toi qui en perd avec tes questions idiotes. Et non je n'attendrais pas que tu finisses ton septième cycle et que tu perdes la mémoire, c'est trop risqué.
— Alors quoi ?
Élise prend à son tour une profonde inspiration comme Jonathan auparavant et effectue un étrange mouvement avec ses bras en les faisant passer devant son visage et son buste. Elle semble soudainement changer, devenir plus grande et plus âgée. Dès lors, en l'espace d'un instant, se teint une magnifique jeune femme à la place de la jeune enfant.
— Alors, je t'accorde six jours pour enfin faire un choix.
D'une rotation des ses bras elle englobe le paysage et l'illusion des maisons en flammes et le bruit des batailles disparaient en un miroitement aveuglant. Jonathan doit se protéger les yeux de son bras pour atténuer l'intensité lumineuse.
Lorsqu'il le redescend, il voit qu'il se trouve dorénavant entre trois murs de pierre et un quatrième de barreaux dont la seule porte se trouve derrière Élise.
— Qu'est-ce qu...
D'un autre mouvement de bras elle fait disparaitre l'illusion dans un nouveau faisceau de lumière et il se retrouve à nouveau sur le pont, appuyé sur la rambarde, la ville derrière Élise est intacte, n'ayant jamais prit feu.
— Je voulais te montrer que tu es libre de tes mouvements tant que tu resteras en ces murs d'enceinte et te plieras à ma demande. Je t'invite à découvrir les différentes classes des mutés pendant nos célébrations de la semaine, afin de prendre efficacement une décision. Je t'oblige certes, à faire un choix avant la fin de ton septième cycle, mais pas à t'installer ici. Tu seras libre après les cérémonies trimestrielles de partir loin de cette colonie. Sache que tu ne pourras plus me leurrer et fuir comme avant et que passer ce délai de six jours, c'est moi-même qui choisirais ta classe.
Jonathan envieux de faire preuve de bravoure après la frayeur qu'il vient de vivre avec ces illusions à répétitions, voudrait lui demander si elle le tuerait s'il refusait de choisir et refusait son choix, mais à la place il laisse l’orgueil le contrôler ; car il se dit qu'il est le seul maitre de son destin !
— Pourquoi toi et pas un autre ?
Élise semble sourire franchement devant cette question et avant de disparaitre dans le miroitement d'une de ses illusions, elle répond avec une joie non dissimulée :
— Je suis née la première et c'est le rôle des grandes sœurs de veiller sur leur petit frère.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Lun 21 Mar - 21:57

Assis en tailleur dans un champs, Jonathan médite. Il avait toujours trouvé cela relaxant et particulièrement bon pour prendre des décisions. Il avait fait le tri sur tout ce qu'il avait appris aujourd'hui, et il en avait conclu une chose, ou plutôt deux. La première est que cette femme qu'il a décidé être une inconnue pure et simple, était comme les groupes qu'elle avait mentionné, elle aussi veut le contrôler.

La deuxième découle de la première, fou celui qui pense pouvoir enfermer de l'air dans sa main. Elle veut qu'il fasse comme elle l'entend ? A la bonne heure, il est libre et continuera à l'être, quitte à casser quelques œufs. Une chose l'intrigué cependant, cette histoire de classe, il savait qu'il n'était pas comme les autres mutés, de bien des manières. Elle lui avait parlé de bien des choses mais de son coté, il ne lui avait pas parlé de ce qu'il savait, lui.

Les cycles par exemple, si l'inconnue avait raison, il doit se décider à en choisir un pour devenir fort. Mais une question le tracasse, pourquoi choisir une et pas toutes. Un sourire aux lèvres, il tant la main, et se concentre, ce qui se passa prouva qu'il avait raison, il les maîtrisait toutes.

lumière, ombre, nature, énergie et mort.

Cependant, a t'il des limites, et si oui, que peut-il faire avec de tels dons, il n'y a ni bien ni mal, ni lumière ni ténèbres, tout n'est qu'un, tout est en lui. Un flot de souvenir remonta en lui, il se revit, maître des champs de batailles, assis au sommet d'une pile de cadavres, semant mort et désespoir. Il se vit aimer et être aimé. Ainsi soit-il, il n'obéira pas, et montrera sa force, à tout ceux qui veulent le contrôler, et surtout à elle, qui sous son masque, n'est pas différentes des autres. Sur ses mots, il s'endormis sur place, se sentant plus vivant que jamais.

Les jours passèrent et, alors que le aube du sixième jour était bien avancé, Jonathan l’entendis arriver, restant assis dans sa méditation, il ne fit pas un geste, ne dit rien et attendit.

- Alors ?

Plus qu'une demande, un ordre. Il le sentait.

- Alors j'ai réfléchis, médité sur tout et rien, sans bouger d'ici répondit-il d'un ton calme, s'en daigner la regarder.
- Ainsi tu es trop têtu pour entendre raison fit-elle avec lassitude, tu sais ce que cela veut dire n'est ce pas ?
- Laisse moi deviner, je vais tranquillement te suivre et faire ce que tu veux, en disant que c'est pour mon bien tout en faisant de moi un vulgaire pantin entre vos mains, je me trompe ?
- Il n'a jamais été question de te contrôler, c'est pour ton bien.

Adieu la jeune Elise, ne reste qu'une femme sans sentiment pour lui, donnant des ordres. Il sent qu'elle a de bonnes intentions, mais son entourage fait qu'elle ne le voit pas, et cela l’attriste.

- Vois tu j'ai fait mon choix, répondis Jonathan, toujours assis, immuable et stoïque.
- Que veux-tu dire ?

Un tremblement, elle est inquiète, encore une fois, il le sent.

- Ca, ma petite, tu ne le sera pas, du moins pour l'instant, lança t'il en souriant d'un air malicieux, la regardant enfin, mas sache cela, tu as été honnête tout le long, et pour cela, tu ne risque rien, du moins pour l'instant.

- Que dis-tu ? Qu'as tu fait ? Cria t-elle à travers le vent qui se levait entre eux.
- J'ai pris une décision, tu parles de cycles et de règles, moi je parle de liberté et d'Aventure, j'ai brisé mon cycle.
- Impossible !! tu ne peux !!
- Par définition, un immortel n'est ni lumière ni ombre, les cycles ne me concernent pas, ce sur fit-il en faisant une semi révérence, je m'en vais.

Un flash aveugla la femme, et l'instant d’après, Jonathan avait disparu, la laissant seule, lui laissant une peur immense en elle. Elle ni vit pas Jonathan, ombre dans l'ombre, l'espionnais, hâte de connaitre ce qu'elle allait faire.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Mar 22 Mar - 4:00

Bon bah... même message qu'hier : j'ai pas relu, c'est écrit d'une traite !
Pour ma défense : c'était censé être court. ^_^''''



Élise est perdue et désemparée et ne se rend pas compte qu'elle réfléchit à haute voix :
— Mais il est fou ! Comment peut-il croire qu'il est capable de devenir immortel du jour au lendemain sans que cela n'ai aucune conséquence !? Bon sang ! Comment vais-je tourner cela pour qu'on ne cherche plus à lui nuire le temps qu'il devienne réellement immortel ?
Elle commence à s'agiter sur place et se met sans prévenir à crier un nom après une courte réflexion :
— Markel ! MARKEL !
— Oui Élise ? demande un homme un peu plus âgé que la jeune femme, la voix posée. Tout vêtu de noir, il manque de provoquer un hoquet de surprise à Jonathan lorsqu'il apparait à ses côtés dans une gerbe d'éclairs, mais celui-ci sait se contenir et respire doucement pour ne pas être entendu.
— Il a choisi et il est parti, dévoila la jeune femme en faisant face à la nouvelle apparition. Son visage reste impassible dès qu'elle se retourne, alors que l'instant d'avant Jonathan a pu voir des larmes retenues dans ses yeux.
— C'est donc que tu as échoué ? questionna Markel avec un rictus mauvais. A-t-il choisi une classe avant de partir ou bien est-il devenu une âme errante avant de t'abandonner ?
— Il a choisi une classe et désormais ne sera plus une menace pour lui-même.
— Oui grand bien te fasse, ton petit frère sera épargné ou du moins, pourra se défendre maintenant qu'il est un muté à part entière. Tout cela ne m'intéresse pas au final ! Je ne suis pas de ceux qui voulait qu'il survive, alors je veux savoir si j'ai de quoi être satisfait : âme errante ou créature ?
Élise reste muette sous la voix grave, presque menaçante de Markel. Comment pourrait-elle répondre quand elle même ignore ce qu'il faut dire ?
— Un ange pour rallier la Lumière ? Un démon pour l'Ombre ? Un métamorphe pour la Nature ? Un sorcier pour l'Énergie ? Un vampire pour la Mort ? Réponds ! éructe Markel devant le silence d'Élise. Tu a fais tout ton possible durant cette semaine pour que je ne puisse pas le voir prendre sa décision. Tu as créé une cellule de prison autour de lui qui m'a empêcher de m'approcher de sa personne le temps de ton ultimatum ! Je suppose que ce pauvre imbécile ne s'en ai même pas rendu compte !
— Non c'est faux, je...
— Ne me ment pas ! cria soudain Markel lorsque des éclairs commencent à entourer Élise.
— Oui, je l'ai fait, avoue Élise sous la contrainte et la peur du pouvoir de Markel. Je voulais qu'il ne puisse pas être influencer par qui que ce soit. Il était déjà méfiant et ne cessait de poser des questions.
— Je sais tout ça ! J'ai lu ton rapport. La diversion de la ville en feu ne t'a pas permis de couper court à ses questions et tu as été obligée de tout lui expliquer.
La jeune femme opine de la tête et laisse Markel la flageller de ses remarques acerbes.
— Si tu n'avais pas repris ta véritable apparence, il aurait peut-être eut confiance en toi. D'ailleurs, ce point là m'intrigue : pourquoi n'as-tu pas garder l'apparence de la petite fille dont il se souvenait ? Pourquoi risquer de le faire fuir avant que la colonie ne ferme ses portes ?
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Tes mensonges et tes ridicules illusions parviennent peut-être à éblouir les autres, mais pas moi. Dis-moi ce qu'il en est.
Élise réfléchie et alors que Markel avance vers elle, des éclairs sortant de ses doigts, elle s'écrit :
— Tu n'as pas à me donner d'ordres Markel, ni à me menacer ! se révolte-t-elle comme poussée par une colère extérieure.
— Ah oui ? Pourtant j'en ai le pouvoir.
Dès la fin de sa phrase Élise tombe à genou et se tient la gorge de ses deux mains, comme si elle essaye de s'étouffer elle-même.
— Dis-moi ce qu'il est ! Est-il comme toi ? lui demande Markel en focalisant son pouvoir sur la jeune femme.
Jonathan ne sait pas comment réagir et il hésite à intervenir. Il ne sait pas comment, mais sa colère à semblé toucher Élise. Elle a agit comme un catalyseur.
— Je pense oui, cède Élise alors que Jonathan continu de regarder la scène en essayant de la comprendre.
Sa gorge se libère et Élise prend une profonde inspiration lorsque Markel décide de la libérer après sa déclaration.
— Donc ce sera finalement toi contre lui ?
— Il le faut bien non ? Nous n'avons pas le choix, réplique mécontente Élise en se frottant la gorge qui commence à bleuir.
— Il te tuera parce que tu es faible.
— Sans doute.
— Toi qui voulait mourir tu vas être servie ! Finalement ce n'est pas la vieillesse qui te mènera à la tombe, mais ton propre jumeau et ses pouvoirs des cinq classes réunis ! se met à rire Markel. Si tu avais accepter que je t'apprenne à utiliser tes dons autrement que pour tes stupides illusions et pour permettre à ton corps de continuer à grandir, tu aurais eu une chance face à lui.
— Pour rien au monde je n'aurais suivit tes enseignements.
— Ensemble nous aurions pu régner sur tous les mutés !
— Je ne veux pas d'une couronne et d'un peuple soumis à mon service, contrairement à toi.
Markel serre la mâchoire et ne répond rien pendant qu'Élise cherche à le provoquer.
— Il ne se rappelle pas de toi et tout ce qu'il verra à votre prochaine rencontre ce sera sa chère manipulatrice de sœur qui tentera de le détruire. Il n'aura d'autre choix que de rendre les coups que tu seras obligée de lui donner. Resteras-tu impassible lors du coup fatal ?
Élise lâche un rire nerveux :
— Attention on pourrait croire que tu t'inquiètes pour moi.
— Tu m'es utile. Tu es la seule qui ne cache pas ce qu'elle pense et j'ai besoin de toi au pouvoir.
Markel s'avance vers Élise une nouvelle fois et en profite pour placer sa main sur sa joue de porcelaine.
Dans un élan protecteur Jonathan veut saisir la main de l'homme trop entreprenant, mais il se retrouve figer sur place, incapable du moindre mouvement si ce n'est celui de respirer.
La jeune femme dégoutée de la caresse, recule sous le rire mauvais de Markel. Il ne fait que jouer avec elle et même si parfois elle arrive à le contrer sans réelle difficulté à l'aide d'un bouclier qu'elle invoque, Élise se rend compte que sa rencontre avec Jonathan l'a secouée plus qu'elle le pensait. Sinon jamais cette ordure n'aurait pu la toucher sans être projeté au loin.
— Je ferais en sorte que tu sois la gagnante de votre combat.
— Tu auras beau faire de ton mieux je ne récupèrerais pas ce que je lui ai céder.
— Ce serait pourtant si simple ! Tu l'as vu toi même : son accumulation de pouvoir l'empêche de ressentir des émotions. Pendant que tu deviens humaine, lui devient un demi-dieu ! Bientôt il ne sera plus qu'un robot avide de pouvoir et de conquête que plus personne ne pourra contrer... ou contrôler. Veux-tu vraiment qu'il devienne ainsi ?
— Alors que toi, tes désirs sont la définitions même de l'altruisme c'est ça ?!
— Il n'aurait pas dû accepter de drainer ta force à chaque nouveau cycle ! Même s'il ne se souvient pas de votre serment, il est tout autant responsable que toi de ta mort à venir et du déséquilibre du pouvoir chez les mutés ! Vous étiez sensé représenter l'équilibre : deux immortels aux pouvoirs complémentaires destinés à unifier les espèces de ce monde ! Mais à présent, soit tu reprends tes dons et rétablis la balance, soit l'un de vous deux meurt et l'autre reçoit tous les dons d'immortel que vous partagez depuis votre naissance.
— Tu ne fais que me répéter ce que je sais déjà, nota Élise, fatiguée de cette discussion.
— Tu as délibérément laissé échappé que tu étais sa sœur pour pouvoir juger de sa réaction et voir si il aurait du regret à te tuer. Et tu l'as volontairement poussé à accepter les cinq classes avec ton pitoyable délai. Jamais tu ne l'aurais contraint à prendre une décision, je le sais parfaitement ! Tout le monde le sais ! Tout le monde sauf lui ! cri de rage Markel.
— Et jamais il ne le saura ! répond avec véhémence Élise. Lors de notre affrontement il ne ressentira rien en me tuant étant donné qu'il a presque perdu tous souvenirs de moi, Markel. Tu voulais que ce soit lui qui meurt afin que je récupère toute sa force pour qu'ensuite, tu puisses me manipuler à ta guise et diriger notre monde. Pas de chance, je t'ai contré. Il sera bientôt prêt et n'aura bientôt plus aucun souvenirs qui le feront hésiter à me tuer. Je lui ai fait croire qu'à chaque cycle les mutés perdent la mémoire lorsqu'ils ne choisissent pas une classe et il pense dorénavant que son amnésie est dû à ce fait. Il va arrêter de se focaliser sur un passé révolu et enfin s'ouvrir à l'avenir !
— Tu as choisis de t’effacer de sa vie pour qu'il puisse te tuer sans remords  et n'avoir jamais de regret pour son acte ?
— J'ai fait en sorte qu'il ne souffre pas et qu'il obtienne cette vie d'aventure qu'il à toujours désiré.
— C'est donc ça que tu as marchandé en échange de son serment. Il te prend ce qui te donne le pouvoir de vivre éternellement pour te permettre de vivre une vie normale de mortelle et en échange, il renonce à sa faculté de ressentir les émotions pour mieux surmonter ta perte ? Ça na pas de sens ! Tu l'as rendu inhumain alors que tu dis vouloir œuvrer pour son bien ?
— Jonathan recommencera à ressentir les émotions après ma mort mais n'aura aucun souvenir de moi en tant que sœur. Il oubliera même jusqu'à mon aveu d'il y a six jours. Je ne serais qu'une ennemie qu'il aura détruite lors d'un combat. Sache qu'il ne deviendra pas un robot, comme tu sembles le croire et ne sera donc pas une menace pour les nôtres.
— Savait-il qu'en supprimant ses émotions tu allais faire en sorte de n'avoir jamais existé pour lui ?
— Non, jamais il n'aurait accepté sinon. Il aurait refuser de prêter serment et aurait tout fait pour que je change d'avis. Ce qui l'a poussé à accepter ma proposition, c'est le fait de m'aider à vivre comme je le souhaitais. C'est à dire loin de l'influence néfaste de gens comme toi qui ne désirent qu'une chose, à travers mon frère et moi : le pouvoir absolu.
— Que se passerait-il si il venait à découvrir cela ? Cela annulerait-il votre serment de savoir que tu as violé celui-ci en ne respectant pas votre accord ?
— Non.
— Tu ne sais pas me mentir, toi qui pourtant excelle dans la manipulation.
— Je t'interdis de tenter de le retrouver pour lui révéler le sujet de notre conversation ! le menace Élise en sentant un mauvais coup venir.
— Cela pourrait pourtant tout arranger pour nous.
— Tu délires !
— Il se sacrifierait pour toi en refusant de tuer celle qui jadis était sa seule raison de vivre après la mort de vos parents. Il pourrait retrouver la mémoire progressivement et inverser le flux de pouvoir entre vous si je venais à tout lui répéter, énonce mièvrement Markel avec un énième sourire mauvais sur le visage.
— À quoi bon les menaces, Markel ?! Il n'y a que moi qui puisse annuler cette emprise sur son esprit et pour ce faire, il faudrait qu'il puisse m'entendre lui dire ce que je t'ai raconté. Ce que je ne compte pas faire ! ajoute-t-elle en haussant les sourcils. Je t'ai appelé pour te dire ce qu'il en était de Jonathan. Puis comme à ton habitude : tu m'as menacée, tu m'as énervée et tu m'as fait parler de ce dont je ne veux plus entendre parler ! L'avantage toutefois c'est qu'à chaque fois ça me défoule ! Tu m'es toi aussi utile d'une certaine manière, mais en attendant, tu as suffisamment jouer avec moi aujourd'hui, Markel et je n'ai plus rien à te dire ! Cette conversation ne mènera jamais à rien, peu importe le nombre de fois qu'on la revivra ensemble.
Sans attendre de réplique de la part de celui qu'elle déteste le plus au monde et qui pourtant semble occuper une place importante dans sa vie, Élise décide de partir tel un nuage de sable poussé par le vent. Et tandis que son image disparait, Markel réagit à sa dernière réplique, alors que Jonathan toujours incapable de se mouvoir, ne le lâche pas du regard :
— Je crois au contraire que cette conversation a trouvé son but. Tu n'es pas d'accord avec moi, Jonathan ?
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Mar 29 Mar - 22:10

Aie, démasqué. Jonathan décida d'avancer rapidement, afin de cacher son incertitude et ne pas céder de terrain face à cet homme, qu'il avait catalogué comme néfaste au premier coup d’œil. Non, mensonge se dit-il en silence, il n'est pas en proie au doute, juste à la fatigue. Fatigué d'apprendre secret sur secret, savoir que tout est décidé pour lui, et qu'il n'a pas son mot à dire.

Un silence pesant s'installa pendant que les deux hommes s'affrontaient du regard. L'un, avec froideur et danger, le deuxième, calme et instable, attendant le moment d'agir. Markel ne savait que faire, il avait déclenché la discussion, mais ne s'attendait pas au silence. S'en était terrifiant, cet homme n'avait pas l'air de se rendre compte qu'il était immensément supérieur au reste du monde, et se contentai de vivre au jour le jour, sans se soucier de son rang.

- Alors, que vas tu faire, fit-il tel un maître de cérémonie, me rejoindre et faire des mutés des hommes forts et libres, ou alors essayer de tuer ta sœur et nous affronter ? M'affronter maintenant, ou continuer à fuir, tout en sachant que je serait ton ombre ?

- Rien

Un murmure. Mot dans le vent, sec et implacable, une réponse des plus bref et ne souffrant d'aucun arguments. Jonathan remercia sa soeur en silence, se promettant de ne jamais lui avouer. Grâce à la discussion qu'ils avaient eu, il savait maintenant ce qu'il était, et cela affirmer son envie de liberté. Aucun n'obstacle ne peut se dresser face à lui, il est libre à jamais. Un simple muté comme cet homme n'était qu'une poussière face à lui, un gravier.

- Pour toi continua t'il d'un voix calme, je suis un objet pour ta conquête, mais tu vis dans l'erreur, face au ciel, nous ne pouvons rien, tu n'est qu'un piètre muté, qui ne comprend ni qui il est, ni son but. Pars, tu n'es qu'une goûte dans l'océan, tu n'a pas assez de force pour bouleverser ce monde.

- Que dis-tu, répliqua Markel d'une voix dangereuse, tu ne sais rien de moi, et encore moins sur toi, à l'heure actuel tu ne peut rien contre moi, tu as fui mes détecteurs, tu as toujours eu peur de ceux qui vivent caché du monde.

- Je suis déjà passé dans tes détecteurs, c'est inéluctable dans le temps, mais ils sont inefficace contre moi.

- Comment ça ?

- Les cinq flux sont en chacun de nous, même en toi. Seulement, les mutés en ont un qui à augmenté, rendant les quatre autres invisibles. C'est cela que détecte tes machines, ceux dont un flux est énorme. Les miens sont égaux dans leurs infinité, ainsi je passe inaperçu.

- Mensonge !! c'est impossible cria Markel, avec un tremblement dans la voix.

- Sache que je n'ai pas envie de tuer Elise, mon état d'esprit n'a pas changé. Sœur ou non, si elle se dresse face à moi, je la tuera, avec des regrets bien sur, j'en serait triste, mais ma liberté n'a pas de prix. Maintenant part, et laisse la en paix, car si aujourd'hui, pour des raisons qui me sont inconnues, elle t'écoute, demain se sera différents. Une dernière chose, nos pouvoir sont égaux, si bien que plus je deviens fort, plus elle devient forte elle aussi.

Jonathan fit appel à ses dons, et une tempête des plus puissante s’abattit autour d'eux. Markel se protégea les yeux et vis entre ses doigts, Jonathan disparaître. Il sentit quelque chose le frapper par derrière, et le vide se fit.
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Dim 10 Avr - 17:34

Markel se réveille avec une sourde douleur à l'arrière du crâne. Allongé sur une couche moelleuse, il hésite à ouvrir les yeux et tente de profiter quelques instants de la quiétude environnante, avant de subir les assauts de celle qui l'a soigné.
— Je sais que tu ne dors plus.
Quiétude finie !
Markel ouvre les yeux et se retient de les refermer face à la luminosité éblouissante des lieux.
— Bonjour à toi aussi.
— Tu n'as pas pu t’empêcher de le provoquer !
— C'était trop tentant. Il est si imbu de lui même. Il pense être le maitre du monde avec ses dons.
— Il n'a pas tord. Du moins, d'une certaine manière.
— Le pouvoir ne fait pas tout, il faut un esprit ouvert et un certain sens de l'écoute pour diriger tout un peuple.
— Jonathan ne veut pas du pouvoir, il le contrôle certes, mais il ne lui sert à rien.
— Espérons alors que tu t'en servira davantage que lui.
— J'ai dit non, Markel.
— Il ne t'en laisse pas le choix.
— Comment ?
— Il m'a dit que si il gagnait en puissance, ce serait ton cas aussi. Et je doute qu'il se satisfasse de celle qu'il a déjà.
Élise blêmit mais réponds néanmoins.
— Et comment pourrait-il le savoir ?
— Disons que tu l'as aidé à y voir clair. À se rappeler certaines choses...
— Se rappeler cert... Oh bordel Markel ! Tu n'as pas fait ça !
— J'adore lorsque tu jures. Et si. Il a beau être puissant il n'a rien senti de mon voile d'invisibilité et d’immobilisation avant qu'ils ne fassent effet. D'ailleurs il n'a pas tant que ça résisté à mon emprise une fois qu'ils 'en ai rendu compte. À croire que ton frère aime écouter aux portes.
Markel commence à rire doucement lorsque sa tête commence à le lancer. Il grimace et se retient le crâne pour diminuer sa douleur. Élise pointe sa tête de l'index et lui lance durement :
— Ça, tu l'as bien cherché !
— Ouais, un coup dans le dos. Quel héroïsme et quel honneur pour ce cher Jonathan !
Élise expire et se dirige vers la table de chevet à côté du lit où Markel est allongé. Dans une soucoupe d'argent elle prend quelques glaçons et les met dans un torchon propre avant de demander à Markel de se rapprocher d'elle pour qu'elle lui appose la compresse de glace. Dans son mouvement pour l'atteindre elle s'assoit à ses côtés et lui vient poser sa tête sur ses cuisses dans un geste presque délicat afin qu'elle n'ait pas à se pencher pour lui mettre la compresse en place.
Sans éprouver la moindre gène elle lui retire quelques mèches humides du front et lui maintient doucement la tête sur la poche de glace.
Envouté par ses caresses, Markel commence à fermer les yeux mais ne peux retenir la curiosité de franchir ses lèvres.
— Pourquoi est-ce que tu m'aides malgré tout ce que je te fait subir ?
— Ne pose pas de question stupide.
Markel ouvre les yeux et plonge dans les yeux d'Élise. Il veut une réponse.
Elle n'a pas vraiment de réponse à fournir, alors elle soupire et entreprend de repousser sa tête lorsqu'il enroule un bras autour de ses hanches pour la retenir de fuir. Sa prise est assurée mais elle peut aisément s'en libérer si elle le souhaite.
— D'accord, je ne pose plus de questions, mais reste avec moi... s'il te plait, ajoute-t-il dans un filet de voix.
Élise hésite un instant puis recommence à repousser les mèches rebelles sur le visage en sueur de son patient. Et alors qu'il s'assoupit en se lovant contre elle, Élise demande au silence :
— Pourquoi je sens que les ennuis ne font que commencer ?

***

Pendant ce temps, aux abords de la cité toujours close :
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Guillaume
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MessageSujet: Re: Second Cadavre Exquis   Ven 31 Mar - 19:17

Jonathan ne savait que penser, trop d'information, trop d'élément à prendre en compte, à examiner et de possibilité à faire. Son mal de crane empirait, car ses souvenir revenait petit à petit, surtout ceux sur sa "sœur". Il sentait en fond de lui qu'elle ne voulait que l'aider, lui donner sa liberté et le libérer de toute emprise, mais elle ne se rendait pas compte qu'elle lui dictait sa conduite et voulait le restreindre pour son bien.
Il avait compris qu'elle était manipulée par cet homme qui voulait le monde, mais ce "Markel" n'avait aucune chance face à lui. Ses souvenirs lui faisaient remonter certaines informations sur ses dons et comment optimiser leurs efficacités. Il avait dit la vérité sur son choix, car en sondant ses pouvoirs, il avait découvert une classe méconnu, celle qui regroupait lumière, ombre, nature, énergie et mort, celle du vide. Le vide absorbait tout, il régnait en maître sur tout et tous, et rien ne pouvait lui échapper ;
Sa résolution était toujours la même, vivre au jour le jour, sans lien ni attache, vivant comme il le pouvait. Les détecteurs ne marcheront plus jamais sur lui, en cela il était tranquille. Cependant, pour la première fois depuis…il ne savait vraiment quand, il pensa à sa sœur, Elise ou quel que soit son nom. Il n'avait pas menti, plus ses pouvoir augmenteront, plus les siens le seront aussi, et inversement. Il ressentait son état en fond de lui, comme un lien les reliant. En l'écoutant, il comprit qu'elle était amoureuse de ce fou qui voulait contrôler le monde.
Fou était le mot. Quel était le plaisir de contrôler un monde ? On ne peut être partout et à force on devait s'ennuyer. Il préférait de loin être toujours en mouvement, où alors ne rester qu'un cours laps de temps à un endroit, avant d'aller ailleurs, une vie pleine de découverte et d'aventure. Et puis les hommes tel que ce mégalo oubliait, et se produisait dans chaque village, ville ou autre endroits ou des hommes prenaient le pouvoir pour eux, chacun tombait tôt ou tard, mais jamais de vieillesse, seul ceux qui sont juste et bon voient leurs jours prolonger, s'ils ne sont pas tuer par des gens avides avant.
Il soupira. Ainsi lui et sa sœur devaient installer la paix des peuples et du monde ? A la bonne heure, il n'en ferait rien. Un blessé qu'on aide sans limite ne guéris pas et se contente de se faire soigner sans faire le moins d'effort. Le monde doit apprendre, comme lui apprend tous les jours, c'est ainsi qu'on grandit et non l'inverse. Il avait besoin de se changer les idées, il avait entendu que ceux qui avaient attaqué n'était pas loin, deux ou trois jours de marche tout au plus. Il avait assisté de loin à l'enterrement des morts, dont plusieurs enfants. C'était une chose qu'il ne pardonnait pas, que l'on s'en prenne aux enfants, ils allaient payer pour ça.
Il ramassa son sac qu'il passa par-dessus ses épaules, il se mit en route, rien ne le retenait dans ce village, et ne voulait pas revoir sa sœur où Markel avant d'avoir mûrement réfléchis à tout ça. Les décisions prise à la va vite ne sont jamais bonne, comme le prouvait tout ce qu'y lui arrivait en quelques jours. Il avait entendu parler d'une ville étrange où se réunissais tous les mutés, elle se trouvait quelques part sous terre, là où personne ne pouvaient les trouver. Peut-être irait-il à sa recherche, après avoir réglé le compte des muté qui avaient attaqué la petite colonie.
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